samedi, novembre 24, 2018

Journée sans limite

Bonsoir lecteur, lectrice et tous les autres dont je respecterai le (non)-genre, le (multi)-genre ou le (poly)-genre,

L'autre jour, ici j'écrivais à propos du safeword, de cette limite en cours de séance qui marque un point d'arrêt au jeu ou, mais il faut reconnaître que l'usage en l'objet est plus rare, pour accélérer les choses.

Sally m'a proposé une séance, probablement la prochaine qu'elle me fera subir, au cours de laquelle, m'a-t'elle expliqué, l'utilisation de ces mots de sécurité, à dessein de réduire ma "peine" serait sinon interdite purement et simplement ignorée.

Elle veut aller le plus loin possible, dans un cadre que nous aurons globalement mis en place fixant les limites hautes (pas nécessairement en termes de douleur d'ailleurs) que je refuse de franchir. Si évidemment la létalité est la limite absolue (pour moi s'entend, je ne critique pas les pratiquants qui peuvent envisager d'aller jusque là), fixer moi-même dans le cadre d'un jeu que ma dominatrice veut "illimité" des limites est un exercice bien moins simple qu'il n'y parait.

En effet, mon objectif d'Amoureux est de la rendre heureuse et de lui offrir - dans la limite de mes possibilités bassement matérielles - ce qu'elle désire ; Amoureux, je le demeure dans nos pratiques BDSM au sein desquelles, une nouvelle fois, j'ai pour souhaite de rendre Sally heureuse. Comment, donc, dans une relation et un tel cadre, ne pas inverser totalement les rôles ? 

Même si j'ai conscience que celui qui contrôle, dans un jeu BDSM, n'est pas celui que l'on croit, le principe de l'obéissance et des limites ne doit pas s'inverser, au risque de rendre le jeu stérile ; Un soumis qui définirait l'intégralité des séances serait ce que la littérature instruite nomme un
"souminateur", une sorte de troisième sexe sadomasochiste qui voudrait à la fois tenir le volant et regarder un film.

Je me refuse à l'être, en conscience, même si j'ai, parfois, envie de "plus" ou de "différent" et que je voudrais, dans ces moments précis, avoir le don soit d'ubiquité et m'auto faire mal - en conscientisant que le plaisir disparaîtrait instantanément alors - soit celui de transmission de pensées, pour induire en Sally ce dont j'ai envie à ce moment là - et même conséquence, prendre le contrôle serait gâcher le plaisir de la surprise et de l'attente - pour qu'elle applique ce dont j'ai envie.

La perte / prise de contrôle est, aux miens yeux, conduite par plusieurs éléments :
  • L'attente ; Ne pas savoir si elle durera 1 ou 30 minutes, elle met en condition. Souvent démarrée avec des pensées "vanilles" (le quotidien briques et mortier), je parviens à laisser mon cerveau glisser doucement vers de douces et excitantes pensées qui me permettent d'entrer dans une sorte de transe,
  • La surprise ; le premier "quelque chose", qu'il s'agisse d'un murmure à l'oreille, d'un coup, d'un shoot de poppers, d'une paire de chaussures à lécher ou d'une tenue à porter, il initie le démarrage du jeu, démarre la machine. C'est lui qui accélère le palpitant, qui donne les mains moites et, je dois le reconnaître, me donne, à chaque fois, un orgasme intellectuel très violent,
  • L'inquiétude ; Je le sais, je le sens, chaque pause au cours d'une séance est une porte ouverte vers une autre pratique - ou pas - dont le caractère pourra - ou pas - être plus (ou moins) dur, plus (ou moins) contraignant ou plus (ou moins) excitant,
  • Le doute ; J'ai toujours, à chaque séance, fût-elle la plus longue comme la plus courte, un passage à vide de "doute" et de sentiment d'absurde. C'est, je crois, une sorte de "troisième œil" qui me ramène à mon perpétuel questionnement quant à ma Normalité en cours de jeu. Souvent, alors, je me sens "nul" et "ridicule", je m'imagine dans ma position d'alors vu par autrui, non dans le sens humiliation d'une telle exhibition (ça, j'adorerais) mais réellement regardé par de non-pratiquants et jugé par eux, sur la base de nos codes sociaux. Sally sait détecter ce passage (même si elle va découvrir en lisant cet article ce qu'ils sont réellement) et me demande, différemment si "tout va bien ?" alors, par un simple "ça n'a pas l'air d'aller, que se passe-t'il ?".

Bref, cet harmonie en cravache majeure se joue tout au long de la séance, parfois la surprise survient, encore et encore, tout au long de la séance de jeu, car chaque expérience procure le même sentiment, parfois une seule fois au cours de la séance. C'est une sorte de magie, d'alchimie du moment, mélange de tant de "petites choses", impalpables et inexplicables les unes comme les autres. Ces "petites perturbations du jeu" pourraient faire l'objet d'un article, à propos :-)

Mais revenons-en à cette "no limit experience". J'ai données quelques "limites hautes" à Sally ;

  • Pas de scato
  • Pas de nourriture non destinée aux humains
Courte liste en fait, basée pour partie sur une remarque qu'elle m'a faite dans une discussion totalement vanille à propos des croquettes que nous donnons à notre chien "Quel goût ça peut avoir ?" me dit-elle. Ce à quoi je répondais "Je ne veux même pas le savoir". Et Sally d'ajouter, alors "Ca, c'est moi qui le décide" en forme de coup de pied dans les couilles. Bref, je me suis dégonflé sur ce coup là, j'ai mis cette idée dans la boite "jamais ça".

Pour l'autre partie, pas d'explication, c'est hors du cadre de ce qui peut m'intéresser. Point final, pas de négociation possible. C'est ainsi.

Cette séance, je l'imagine, sera dure, physiquement et psychologiquement. Je me débarrasserais de toute possibilité, de toute option autre que d'endurer ce que Sally voudra m'infliger. Je me prépare à être endurant pour cette journée là (il s'agira de 24 heures entières de jeu) car je ne veux ni décevoir Sally ni me décevoir. Je veux aller au-delà de mes limites actuelles pour me prouver que je suis capable de choses.

Je veux que ma Maîtresse soit fière de moi. Je veux que la Femme que j'aime m'admire. Si j'échoue, j'aurais honte !

Je vous tiens au courant de la planification, vous aurez une pensée pour moi ! 

LeSien


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